Nouvelle-normalité des voyages internationaux : Jakarta pour la France via Abu Dhabi et Genève à bord d’Etihad
Nouvelle-normalité des voyages internationaux : Jakarta pour la France via Abu Dhabi et Genève à bord d’Etihad
Le premier exode d’expatriés était il y a 3 mois au début de la pandémie alors que les frontières se fermaient les unes après les autres. Puis encore un peu par les vols de rapatriation Alors que la lumière au bout du tunnel semble être plus proche, ceux d’entre nous restés à l’étranger en confinement strict … ont aussi besoin de rentrer maintenant : que ce soit pour des raisons familiales ou des impératifs administratifs car la vie continue. Il faut alors commencer la préparation d’un voyage de retour dans son pays d‘origine. C‘est alors un peu de stress qui commence : de la faible fréquence des vols, les annulations de ces derniers, aux changements de réglementations à la dernière minute, puis à trouver une clinique pour faire le test PCR et avoir les résultats en moins de 48 heures… Mon mari a dû rentrer en France. Je l’ai envoyé en mode reporter pour ce blog et voilà son expérience de comment se passe maintenant un voyage international avec cette « nouvelle normalité ». Le vol était depuis Jakarta pour Genève, avec un transit à Abu Dhabi avec Etihad Airways. La destination finale était la France. Genève étant très proche de la frontière ( et nous arrangeant mieux). Le voyage a été fait le samedi 4 juillet et le vol quittait Jakarta un peu avant minuit (23h55 exactement).
Préparer un voyage international dans cette nouvelle normalité
Tout d’abord viens la sélection de vols potentiels avec vos outils habituels ( Skyscanner, google flights ). Une fois que vous avez quelques options, il vous faut vérifier toutes les conditions de transit pour chacune d’entre elles (si transit il y a). Il n’y avait déjà pas, dans notre cas, de vol direct depuis Jakarta pour la France avant le Covid. Une fois qu’une option est sélectionnée, il faut continuer la recherche pour les dernières informations d’entrée et sortie des pays concernés par ce voyage ! Ces réglementations changent parfois tous les jours.
Ressources utiles :
- Les sites des ambassades de votre pays de destination et du pays de résidence
- Le site de l'IATA
- Le site de votre compagnie aérienne
- Les sites des immigrations de votre pays de destination et du pays de résidence
Au moment du voyage, depuis l’Indonésie (Jakarta) vers la France via Genève et Abu Dhabi, voilà les informations que nous avons utilisées :
- Avoir un test PCR négatif – il faut montrer un original – fait dans les 3 jours avant le vol. ( nous pensons que le Rapidtest aurait pu être suffisant, mais avec le changement de réglementations annoncés, nous avons préféré le faire)
- Nous avons fait le nôtre à Good Practice Clinic à Jakarta, qui peuvent vous fournir les résultats en 48 heures.
- Pour la France, une déclaration sur l’honneur téléchargeable sur le site de ministère de l’intérieur.
- Le transit à Abu Dhabi ne demande pas de document particulier à condition que le temps de transit soit inférieur à 4 heures.
- Le transit à Genève pour les citoyen français est possible sans documents particuliers depuis le 15 juin (information sur le site de l’immigration Suisse)
Les règlements en termes de baguage sont aussi en train de changer, je recommanderais de bien les vérifier sur le site de la compagnie aérienne. Dans le cas d’un billet en classe économie avec Etihad Airways, vous pouvez amener 30kg en soute et deux pièces de bagages à main : une petite valisette ne pesant pas plus de 7kg et une deuxième pièce, typiquement un sac a main, un sac d’ordinateur ou un petit sac a dos, ne pensant pas plus de 5kg. Mais avec le covid, la petite valisette de 7kg dois être mis en soute – mais c’est gratuit. Je pense que c’est pour limiter les valises qui ne sont pas vraiment désinfectées dans l’avion.
Mon mari a remarqué que chaque cargo qui était chargé dans l’avion avait l’air d’avoir été désinfecté et était couvert d’un film plastique rose. Cela incluait les valises des passagers.
Check in et départ depuis l’aéroport international de Soekarno Hatta à Jakarta en Indonésie.
Il est généralement conseillé de se présenter 3 heures à l’avance pour un vol et on penserait qu’à cause des nouvelles mesures du Covid-19 il faudrait arriver encore plus tôt ! Mais la réalité c’est qu’en ce moment le nombre de voyageur est si faible que l’on passe les vérifications de documents assez rapidement, et ce malgré les contrôles plus longs. De plus le trafic si célèbre de Jakarta étant presque inexistant en ce moment, arriver à l’aéroport était extrêmement rapide.
Un contrôle de température s’effectue à l’entrée du Terminal 3, avant de passer ses bagages dans le scanner de la douane et des gels hydroalcooliques sont disponibles à l’entrée du terminal. Une entrée sur deux est ouverte.
La procédure de check-in est beaucoup plus lente car c’est le personnel du comptoir qui vérifie les documents et prend le temps de contrôler toutes les procédures, incluant les transits pour chaque situation individuelle des passagers. La queue pour le check-in est arrangée avant des marqueurs pour respecter la distanciation sociale.
Il n’y avait pas plus de 50 passagers sur le vol Etihad depuis Jakarta vers Abu Dhabi ce jours-là. Mon mari est arrivé 3 heures avant le vol, et il n’y avait qu’une personne devant lui au check in. Il lui a fallu attendre à peine 10 min.
Le vol était un peu avant minuit, mais le terminal était complètement vide et aucun magasin n’était ouvert.
Une fois le check-in terminé, il faut avancer au contrôle de sécurité où seulement 2 lignes sont ouvertes. Une pour les classes business et first, et une pour les autres passagers. Aucun changement dans la façon de passer ce contrôle pendant cette « nouvelle normalité ».
A l’immigration : Nous sommes actuellement en ITAS d’urgence (nous tombons dans cette zone grise où notre permis de séjour actuel a expiré pendant l’épidémie et où les bureaux de l’immigration étaient tous fermés). L’officier de l’immigration a pris une photo de mon mari, de son passeport et aussi de la page de son passeport où se trouve le dernier ITAS. Aucuns soucis.
Une fois dans la partie internationale, à cette heure, il n’y avait qu'un seul café d’ouvert. Les magasins Duty-free étaient tous ouverts. Par contre c’est très silencieux et vraiment vide – ça vous donne une impression de fin du monde. Mon mari m’a dit qu’à cette heure-là en particulier, c’était vraiment glauque.
L’embarquement
L’embarquement a eu lieu dans un ordre plus strict et il commence plus tôt qu’avant la pandémie. (et ce même en considérant le peu de passager sur ce vol). Je pense que c’est la raison principale pour la demande d’arriver plus tôt. La distanciation sociale pour faire la queue est respectée et c’est très lent.
L’avion d’Etihad Airways était un Boeing 787-900 Dreamliner et la configuration en rangées 3-3-3. Le siège du milieu étant laissé vide, à moins qu’une même famille voyage ensemble. Les hôtesses répètent régulièrement de ne pas changer de siège à moins qu’un personnel de bord ne vous y autorise.
L’expérience de vol avec Etihad Airways.
Le personnel naviguant d’Etihad Airways porte une combinaison de protection au-dessus de leurs uniformes, des lunettes de protection et des gants pendant la durée totale du vol.
Une couverture et un coussin sont donnés aux passagers dans un sachet qui ont été préalablement désinfecté. Un kit “wellness” contenant un masque, une paire de gant et des lingettes désinfectantes est aussi donné aux passagers.
Les repas sont toujours servis, dans le cas du vol de nuit, un repas un peu après le décollage et un snack légèrement avant l’atterrissage à Abu Dhabi.
Pendant le vol, il n’est plus autorisé de faire la queue devant les toilettes et il est attendus des passagers qu’ils attendent à leur place que ces derniers se libèrent. Il est toujours possible de se dégourdir les jambes, mais pas dans les allées, uniquement dans les allées et pas dans les zones centrales où se trouve les toilettes et là où les repas sont préparés, tout en respectant la distanciation sociale.
Le transit à l’aéroport d’Abu Dhabi
A l’atterrissage à Abu Dhabi, un document que vous devez signer sur l’honneur est donné à remplir – c’est une sorte de déclaration, pas réellement demandant beaucoup de détails. (Vous ne faites qu’un transit après tout).
L’aéroport d’Abu Dhabi a installé des cameras relevant automatiquement la température corporelle des passagers et il n’y a pas de checkpoint arrêtant le flux des transits. Il n’y a donc pas d’étapes supplémentaires à passer pouvant rallonger le transit
Costa Café était le seul magasin ouvert à Abu Dhabi.
L’arrivée, sortir de l’appareil et l’atterrissage
Après l’atterrissage, les passagers doivent rester assis. (Plus de ruée vers les bagages à main et l’encombrement au centre des allées). Le désembarquement est fait en séquence et de façon ordonnée par zone. Les personnels de bord donnent des instructions et encouragent, répètent à tous de garder des distances de sécurité entre les voyageurs autant que possible.
Les transferts depuis l’avion jusqu’au terminal et aussi pour l’immigration (à Abu Dhabi et à Genève) n’ont pas changé. Tout le monde prend le même bus (peut-être y a-t-il plus de bus d’affrété si l’avion était plein pour garantir plus d’espace entre chaque personne ?)
En arrivant en Suisse, il n’y a pas eu de prise de température supplémentaire, et une feuille de traçabilité est donné à chaque voyageur à remplir indiquant des informations de contact et quelques informations sur l’itinéraire suivant.
La Suisse distribue à tout les passagers une brochure expliquant les mesures à prendre et que faire en cas de symptômes du Covid. Elle est traduite en Français, Allemand, Italien et Anglais.
Il n’y avait pas de changement dans le passage à l’immigration, ni la collection des bagages dans le terminal à l’aéroport de Genève.
Après l’atterrissage, passer la frontière pour la France c’est fait sans soucis. Les autorités françaises n’ont même pas demandé à voir l’attestation qui était pourtant nécessaire. Mais peut-être est-ce parce que nous sommes citoyens français ?
Une petite note : En venant d’Asie, où les masques sont obligatoires et portés par tous, c’est apparemment assez choquant, d’après mon mari, de voir que les français comme les suisses n’en portent pas tous… C’est juste conseillé mais pas obligatoire !
Pour conclure ce retour d’expérience de voyage international dans la nouvelle-normalité
La partie la plus stressante de cette expérience a été de s’assurer l’obtention des résultats du test PCR dans les temps ! De plus en Indonésie, il est extrêmement cher (2,6 millions de roupies indonésienne ce qui est équivalent à 167 euros, alors qu’en France il ne coute en moyenne que 50 euros). Ce n’est pas une petite dépense, et il faut le prévoir dans le coût du voyage.
Nous avions aussi appris à la dernière minute par les news qu’un changement de réglementations allait « peut-être » rendre le voyage impossible (moment de panique intense 48h avant le départ !), puis pour apprendre que cela ne sera « peut-être » appliqué que quelques jours APRÈS que ce voyage soit effectué…. Donc vraiment, ces voyages doivent maintenant se prévoir à la dernière minute, car on ne sait vraiment pas ce qu’il peut se passer entre le vol (annulation de dernière minute) ou alors le pays que vous quittez deviens soudainement zone rouge et de nouvelles règles s’appliquent mettant vos plans en l’air. (Quarantaine obligatoire, tests différents à fournir etc…)
Je pense qu’il est vraiment important de trouver des billets qui ont la possibilité d’être modifiés autant de fois que nécessaire et ce sans frais – car peut-être votre test PCR n’arrive pas à temps, ou alors une nouvelle règle nécessite que vous ailliez besoin de plus de temps avant votre départ pour préparer des documents. Il vous faut la flexibilité de pouvoir changer les dates.
Le voyage en lui-même n’a pas été déplaisant, surtout car vous avez plus de place dans l’avion (avec les sièges condamnés). Reste que l’expérience dans les aéroports et franchement glauque, surtout la nuit. Le nombre de passagers étant si faible, que ces grosses infrastructures sont trop silencieuses et vous donnent une impression de fin du monde. Il n’y a aussi presque plus de café pour passer le temps avant l’embarquement. Il me semble que les lounges sont aussi fermés.
J’espère que ce retour d’expérience pourra rassurer certains voyageurs et en particulier les expatriés qui pour certains doivent rentrer dans leurs pays d’origine après avoir été coincés à l’étranger pendant aussi longtemps. Je pense que les voyages futurs seront plus chers, et il faudra beaucoup plus de préparations, mais l’expérience générale n’est pas mauvaise dans cette « nouvelle normalité ».
Credit pour la photo de bannière: Unplash par Camila Perez